DEBOUT...
vanité avec tête de mort. huile sur toile. michel ducruet. verneusses...............................homme debout. huile sur toile. michel ducruet. verneusses
.....Vanité 1997 ...........................................................Homme debout 2001
L'Anonyme du XXIème siècle


A trois ans d'intervalle ces peintures de 100 x 50 cm parlent d'une certaine affaire qui n'est toujours pas résolue.


On peut jouer comme à gauche avec de vieilles images, courantes au XVIIème siècle. Deux nudités contrastent sans fioritures. Le poli et les courbes d'une femme soigneusement coiffée passent derrière un crâne tenu dans la main gauche. Les trous de la tête de mort avancent devant la bouche et les yeux de cette Madeleine. Cette tête de mort prend la place du sein gauche et l'arrondi de son sommet reprend l'arrondi du sein droit juste ponctué par le têton rose. Sur le fond parme de ce tableau vertical, une zone essentielle ramasse les contrastes de ton et de valeur, c'est la figure vivante arrêtée dans ses pensées, physiquement attachées à leur objet. La mise-en-scène s'est débarrassée du miroir et des accessoires habituels d'autrefois : sablier, livre ouvert, fleurs fanées. Le miroir pourrait être le tableau lui-même, ce qui réduit encore les effets littéraires. Les signes de beauté, c'est à dire de l'illusion, ne sont pas explicites : c'est en tirant sur les surfaces et en dosant les oppositions de couleur qu'une largeur se fait dans les apparences et induit une respiration saine des formes, elles transmettent à la tête de mort son ordre de mission. Il reste un peu de littérature dans cette image qui de toutes manières renvoie à des phrases de l'Ecclesiaste ou des proverbes universels. C'est malgré tout une image ambigüe, à la limite de la naïveté, à la limite de la simple reprise, à la limite du canulard, à la limite du ridicule....Il faut la voir avec des yeux de peintre et jeter dehors les philosophes, les religieux, les criminologues de la critique et la masse cultivée des piou-pious de la Mort. Le crâne ici ressemble fort à l'oeuf de Christophe Colomb, la figure pourrait être une fleur, et l'espèce de vitalité qui surgit du fond n'est que fou-rire à l'adresse des sauveurs de l'humanité. Puisque l' Art est à la Sorbonne, puisque le Buiseness est un art, puisqu' il n'y a de peuples que dans les musées, faisons ce qu'il nous plaît, ne crachons plus sur des tombes mais sur des lois.

On ne sait pas si ce personnage est dehors ou dedans. Son ombre prouverait qu'il est adossé à ce qui pourrait être un tableau. Il ne fait rien. Il est là. il regarde devant lui mais bien que nous soyions en face, nous ne saurons pas ce qu'il pense . Et c'est très bien comme ça. A nous de faire ce qu'il faut pour aller dans cette peinture prendre ce dont nous sommes capables. Les verticales, pour marcher à fond ne supportent rien au-dessus et rien en dessous. Sur les côtés la symétrie les ferait maigrir puis les tournerait en ridicule c'est à dire en phallus dans le désert. Pour que le monument se dresse il faut des fondations solides et enterrées profond, c'est le travail du carré qui coupe le tableau en deux, bordé à gauche par un violet, démultiplié à droite en quelques verts. Le carré supérieur à fonds rouges et oranges, saturé comme un paysage aux lumières d'après-midi tardif, offre des erzats d'horizontales, des lignes brisées et défoncées par une longue tête et un long cou. On passe au bas de la toile par les ombres ou ce qui s'y apparente. Quelques pointes, quelques accidents piquent l'ensemble de vibrations. Les yeux et les oreilles semblent se répéter dans le paysage. Cet homme qui n'a pas d'histoire a une existence. Il pèse comme une statue de haute époque et son esprit débarrassé de petites phrases sort de la tête et se mêle de collines et de lumières . Ce pourrait être une peinture de la Liberté plus convaincante que la porteuse d'oriflamme bien connue, trop femme pour être suivie par des étudiants, des bourgeois et des prolétaires... Mais la liberté d'ici n'est que celle d'un homme qui se passe d'ascenseur pour garder le contact entre l'étoile polaire et les bas-fonds .

... L'affaire dont il s'agit, c'est vous le savez bien celle de l'âme, je veux dire du "souffle" à la manière des anciens, ceux d'Egypte, du pays des Comanches ou des siècles français...Je ne vois plus à l'occident que les calculettes et des pourcentages. Les comptables, les rôdeurs de musées, les langues de bois, les rien de rien, les diplomates, les faux martyrs, font du social, font le cancer, font du fric. Tout le monde drogue tout le monde, et vogue la galère jusqu'à l'oubli de l'oubli... Il m'arrive de craindre mon bonheur...Tu dis plus rien Jean-jacques ?...

 
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