| NUAGES, NUAGES ... | ||
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Ducruet..©.2009
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| J'ai
souvent la tête dans les nuages. Ils me consolent de ne pas voler. Ils
sont indifférents, passent au-dessus des toits en se
déliant, suivent les vents mauvais ou précèdent le soleil... Leur
monde est moins lourd que chez nous, varie à l'infini entre de bons
signes et des colères. C'est de leur côté que mes ancêtres roulaient
les yeux au moment des choses sérieuses, armés sur un champ de bataille
ou craignant la grêle. Les ciels gris conviennent aux
chrysantèmes, feuilles mortes et ornières. Ciels
de funérailles menées jadis par des curés en prières avec cheval
et corbillard. Cortèges d'héritiers, chapeaux baissés face au
vent, mains serrées, coeurs tenaillés de vaches , de labours
et d'herbages... Cortèges de poètes, de peintres, d'amies en larmes et
d'étudiants, chevaux blanc ou pomelés n'ayant jamais connu la vitesse,
voitures grises et noires des pompes funèbres qui vous mènent droit à
la cave pour oublier... Les ciels de la vie ont des nuages, ils prolongent les frondaisons, suivent les courbes des collines, reprennent en choeur comme dans un Cézanne les directions de branches et les toitures, font des volutes avec les désirs et les angoisses des hommes. Il pleut dans mon coeur comme il pleut sur la ville. Tels sont les vers des amateurs d'espace et spécialistes de l'âme. Il y en a pour tous les goûts. Nuages des Andes où tournoyèrent comme des condors des avions de toile cherchant un col. Nuages de l'Ouest, à cent mètres d'altitude, sentant la mer, arrosant les jardins et les terres que les vents déssèchent en trois jours . Nuages du Sud portant l'orage en Forez. Dans ma campagne, comme dans ma vie, il fait beau plusieurs fois par jour. |
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Ducruet..©.2009
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